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Un débat élargi est nécessaire

Nigel Lindup commente un article de Rachad Armanios paru récemment.
Mobilité

Je ne peux qu’être d’accord avec M. Sormanni (conseiller municipal MCG), qui «en a marre des cyclo-terroristes» (dans l’article «Coup d’accélérateur pour le vélo» du 4 octobre). Même si j’ai l’impression que sa définition de ce concept, à la différence de la mienne, comprend n’importe qui souhaiterait accorder plus de place aux vélos, il y a néanmoins des moments où j’ai honte d’être cycliste.

Comme l’autre matin, quand je vois devant moi un adepte de la course se frayer un chemin sur la piste piétons/vélo en engueulant deux collégiennes se promenant tranquillement vers la gare. Ou, une autre fois, celle qui sonne juste derrière moi pour me faire dégager parce que je roule moins vite. Sans mentionner les cyclistes invisibles qui surgissent comme des ombres la nuit, sans illumination, très angoissant pour les autres usagers de la route; et ceux et celles qui, évoquant les dangers de la route, se permettent de rouler sur les trottoirs, posant à leur tour un problème aux piétons et aux résidents qui sortent de leur immeuble.

Certes, il faut «offrir de la sécurité au vélo» pour reprendre les mots du PDC Jean-Luc von Arx, mais ce débat devra aborder aussi la cohabitation piétons-cyclistes et vélo-vélo électrique. Par exemple, les e-vélos constituent-ils vraiment de la mobilité douce? Le seul fait qu’ils soient silencieux et n’émettent pas de gaz n’est pas un critère suffisant. Ils roulent extrêmement vite, y compris sur les chemins partagés. Je suis convaincu que bon nombre d’«e-cyclistes» sont des réfugiés de la voiture et peinent à s’intégrer dans notre communauté. Il y en a qui croient que des comportements qu’ils/elles ne supporteraient pas en tant que conducteurs/conductrices sont acceptables sur la piste cyclable. De même, ceux et celles qui pratiquent la course à vélo sur les pistes cyclables ou partagées ne représentent pas non plus la mobilité douce, mais plutôt un moyen de locomotion agressif et dur.

Si l’on veut appuyer Provélo dans sa campagne pour «faire aimer le vélo», qui vise surtout les enfants, il est temps de débattre de la loi de la jungle qui commence à se mettre en place, et des droits des piétons et cyclistes qui choisissent de se déplacer à un pas mesuré.
Quatre règles de base que j’applique personnellement: priorité absolue aux piétons sur les chemins parta-gés; priorité aux cyclistes qui roulent devant moi; là où il y a la place, sonner à suffisamment de distance pour prévenir et éventuellement renégocier ces priorités amicalement; être prêt à ralentir, voire s’arrêter.

Nigel Lindup, Versoix (GE)

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