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Un espoir de paix

Thomas Joo-Young Feron relate une anecdote survenue durant son séjour à Séoul.
Corées

Du 18 au 20 septembre 2018, le chef d’Etat sud-coréen Moon était à Pyongyang, Corée du Nord, pour rencontrer le chef d’Etat nord-coréen Kim.

Les négociations du 3e sommet intercoréen cette année ont abouti, entre autres, aux premières mesures concrètes de dénucléarisation de la péninsule coréenne. La fermeture permanente et le démantèlement d’installations essentielles à la capacité nucléaire nord-coréenne, la suspension d’exercices militaires frontaliers terrestres et maritimes, ainsi que la reconnexion des voies ferrées et routières ont notamment été convenues.

Dans la continuité d’une rupture radicale avec la «diplomatie» héritée de la guerre froide à l’égard du Nord, les relations intercoréennes n’ont jamais connu un tel réchauffement. S’il ne faut pas mettre la char-rue avant les bœufs, ça n’en reste pas moins une excellente nouvelle pour les populations de la péninsule, lasses de 70 ans de climat de guerre interminable.

Anecdote, symbolique dans ce cadre: je vais manger dans un restaurant du quartier où je suis hébergé temporairement, à Séoul. Les quelques personnes présentes, dont le personnel, ont toutes le regard captivé par l’écran qui surplombe la salle. Ce sont les nouvelles qui parlent de l’accord signé aujourd’hui entre les deux chefs d’Etat. Pas un mot.

Je finis mon repas. En sortant, le gérant me regarde, les larmes aux yeux, les deux pouces levés. En joignant ses deux pouces, il me dit «South Korea, North Korea, One». Je lui souris, hoche de la tête, puis lui adresse une inclinaison à 90°, avant de disparaître dans la nuit séoulite, profondément ému.

Thomas Joo-Young Feron, résident lausannois et français d’origine coréenne, en séjour à Séoul

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