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Les retraités-chômeurs, les renards et les fouines…

Matteo Campagnolo revient, non sans malice, sur le cas des anciens fonctionnaires municipaux contraints à une retraite forcée à 62 ans, et qui doivent pointer au chômage.
Ville de Genève

Circulent à Genève, des hommes, des femmes et des enfants, mais aussi, ce que l’on sait moins, des renards et des fouines, et, ce que l’on sait encore moins, des retraités-chômeurs. La Ville entretient toujours cette espèce – paradoxale et en voie de disparition, il faut le dire – même si les sujets en question pâtiront souvent des conséquences de leur statut jusqu’à la fin de leurs jours. Cela nous fait penser à l’annotation que fit un jour dans son journal le chevalier Bouffart, en descendant à l’Hôtel de l’Ecu au bord du lac, du temps de Rousseau: «Je suis à Genève, grande et belle ville, où les gens ont beaucoup d’esprit et encore plus d’argent, dommage qu’ils ne fassent usage ni de l’un ni de l’autre.»

Aujourd’hui, à Genève, toujours en peine de faire cadrer son bilan, on pourrait faire l’économie des trottoirs et des signofiles ou clignotants, car ceux qui circulent font de moins en moins usage et des uns et des autres (et les amis des animaux nous rendront cette justice qu’on n’a jamais vu un renard ou une fouine écrasée). On pourrait ainsi affecter – pourquoi pas? – une partie des économies au traitement équitable des serviteurs de la chose publique qui ont bien mérité et ne demandaient qu’à continuer à la faire bénéficier de leur expérience un peu plus longtemps, n’en déplaise à qui a dit en haut lieu, avec une généralisation discutable, «que voulez-vous que l’on fasse de ces vieux, vieilles de 62 ans?» ou quelque chose comme ça.

Matteo Campagnolo, membre du Collectif des retraités-chômeurs de la Ville de Genève

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