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La détresse est tangible

Sophie Châtelain donne son point de vue sur la crise que traverse ­l’association Caritas à Genève.
Réaction

En tant qu’abonnée au Courrier, j’ai été très intéressée de lire dans votre journal du 2 février 2018 votre analyse sur la situation à Caritas, mais aussi surprise du ton lénifiant de l’article, parlant simplement de «crise de confiance».

En tant que donatrice et cliente occasionnelle de la Fouine, et connaissant bien son responsable, M. S, je souhaite attester de l’ampleur de la crise que traverse cette institution depuis deux ans à peu près, et de la gravité des mobiles qui l’ont fait tomber en burn out. A mon sens, il s’agit de bien plus qu’une simple «crise de confiance», mais plutôt d’un grave conflit entre le Comité de direction et les travailleurs de la Fouine.

Et ces conflits se jouent, entre autres, autour de valeurs qui soutiennent une pratique professionnelle, tissée de longues années d’expérience et de respect mutuel entre le responsable, M. S et les employés.

En effet, il ne faut pas être analyste spécialiste en audit pour comprendre qu’engager à la Fouine (en rem-placement de M. S) un ex-brocanteur toujours lié par des liens familiaux au milieu des puciers est malvenu (conflit d’intérêt); ni spécialiste en réinsertion professionnelle pour comprendre que des valeurs humaines comme le respect et la convivialité sont cardinales pour favoriser la réinsertion de personnes dans le monde du travail!

J’ai toujours apprécié l’ambiance conviviale qui régnait dans ce lieu… je dois dire que ce n’est plus le cas aujourd’hui.
De plus, que penser de cette nouvelle orientation stratégique qui fait jeter des meubles et autres objets offerts par les donateurs (dont j’ai fait moi-même partie à plusieurs reprises) pour favoriser la vente d’objets neufs… dans une brocante?

En bref, ce qui sépare les travailleurs de la Fouine de son Comité Directeur va bien au-delà d’un «climat tendu», puisque en plus de cela, il semblerait que des plaintes pénales aient été déposées.

Maintenant que l’abcès a été percé par la pétition qui demande le retour de M. S et qu’un article a vu le jour dans les pages du Courrier, il serait souhaitable d’analyser ce conflit d’un peu plus près et de donner vraiment la parole aux travailleurs de la Fouine, qui officient depuis de nombreuses années sur le terrain à satisfaction, et dont la détresse est tangible…

Sophie Chatelain, Genève

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