Lecteurs

Argument éculé

Victor Gani souhaite commenter l’entretien avec Michèle Sibony publié le 3 octobre.
Réaction

Mme Sibony place le sionisme dans la perspective coloniale de l’Europe du XIXe siècle. Argument éculé des antisionistes qui a l’avantage collatéral de culpabiliser les Européens pour les gagner à la cause palestinienne. Ce faisant, elle occulte le fait relativement peu connu du grand public que le sionisme milite, certes pour un Etat pour le peuple juif, mais surtout qu’il s’agit d’un retour à une terre ancestrale où la présence juive n’a jamais disparu en dépit de guerres et de persécutions (oui, même là-bas!).

Quand elle parle de «l’expulsion et l’oppression de la population palestinienne autochtone», elle attribue à un prétendu peuple palestinien (il s’agissait essentiellement d’immigrés arabes, notamment d’Arabie saoudite, une main-d’œuvre que les Britanniques ont fait venir) un statut qu’elle dénie aux Juifs qui, même en diaspora, sont toujours restés attachés à cette terre d’origine. Elle fait aussi bon marché du fait que les Juifs ont chèrement gagné un droit à se réinstaller sur une partie de cette terre, selon un plan de partage entre Juifs et Arabes voté par l’ONU en 1947. Non seulement ce plan a toujours été refusé par les Arabes, Palestiniens en tête, mais ceux-ci n’ont pas caché leur volonté de «jeter les Juifs à la mer» et dans leur esprit, ce n’était pas une image. Un tel état d’esprit semble peu propice à l’instauration d’un dialogue constructif et favorise au contraire la haine et l’hostilité, qui expliquent largement les difficultés que Mme Sibony qualifie d’apartheid. Elle passe aussi sous silence le cas fort peu évoqué – et pour cause – des Palestiniens qui sont tout à fait satisfaits de vivre sous administration israélienne (voir https://unitedwithisrael.org/watch-arab-village-chief-we-want-to-live-under-israel-not-the-pa/).

Quant à savoir si antisionisme équivaut à antisémitisme, la réponse est évidemment positive, puisque l’antisionisme revient à refuser au seul peuple juif le droit à un Etat, soit une discrimination fondée sur l’appartenance à la religion juive.

Victor Gani, Conches (GE)

Opinions Lecteurs Lettre De Lecteur Réaction

Connexion