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Le piège n’a pas fonctionné

Jean-Jacques Maillard commente le refus par les citoyens du projet de réforme Prévoyance 2020.
Votations

Ainsi, le peuple n’a pas été dupe et a dit non à la loi fédérale du 17 mars 2017 sur la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020, le 24 septembre 2017.

Pourtant le conseiller fédéral socialiste n’a pas ménagé sa peine pour faire aboutir son projet, jouant même de certaines astuces peu reluisantes. La plus perfide fut pour moi celle de cacher un paquet complexe, une cinquantaine de lois, sous une votation anodine sur le financement de l’AVS, avec une légère augmentation de la TVA (0,6%). Et encore, la moitié de cette augmentation consistait en un transfert de l’AI vers l’AVS, ceci sans conséquence pour la population. Et l’autre moitié n’interviendrait, elle, qu’en… 2021. «Votez OUI y’a rien à voir!». Et ça a failli réussir…

Heureusement, en Suisse romande surtout, certaines organisations syndicales ainsi que d’autres forces de gauche veillaient! Sous le slogan «Touche pas à ma retraite!» elles ont réussi, au prix d’un travail gigantesque, à faire aboutir le référendum. Et ce non de gauche à une loi inique allait créer un débat qui fut probablement décisif pour faire capoter le projet du Conseil fédéral. J’en veux pour preuve que, dans cette votation serrée, le non concernant la prévoyance vieillesse a fait un bien meilleur score que le non contre le financement de l’AVS.

La prestation du Parti socialiste dans cette affaire ne fut pas mauvaise non plus… Réussir à faire voter la grande majorité de ses membres en faveur de ce projet antisocial, fallait le faire! Je ne chercherai pas à savoir comment ils y sont parvenus.

Plus fort encore! Fédérer sous le oui toutes les organisations syndicales importantes de Suisse. Qui donc a réussi à lancer la machine? Le reste ne fut sans doute qu’engrenages, car comment un véritable débat aurait-il pu arriver à un tel résultat?

Voilà! Le résultat est tombé, le (vrai) désastre est évité. Les forces progressistes, toutes ces forces, vont devoir se remettre au travail sous la menace d’une droite arrogante au Palais fédéral. Mais ne leur laissons pas la maîtrise du dossier, ne nous contentons pas de légère retouches à leur projet. Prenons le «leadership». L’argent existe, la Suisse n’en manque pas.

Je pense en particulier au 2e pilier, à ces centaines de milliards qui font les beaux jours des milieux financiers, des assurances et des banques… et qui nous coûtent. Mais qui donc a initié la loi qui oblige les caisses à détenir plus de 100% du capital afin de pouvoir payer la totalité des rentes à tout le monde en même temps? Essayez d’obliger les banques à répondre à de telles exigences…

Certes, il y a du travail et certains s’y sont déjà attelés. Des idées naissent concernant le 2e pilier qui pose (lui) tellement de problèmes, tandis que l’AVS fonctionne bien. Alors faire de cette AVS notre pilier unique?

Souvent sur le métier… J’ose espérer que M. Alain Berset, le PS ainsi que les organisations syndicales sauront mettre dans la défense de bonnes conditions de retraite toute l’énergie qu’ils ont développée pour tenter de nous faire voter oui.

Jean-Jacques Maillard, Genève

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