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Ne pas respecter toutes les croyances!

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Dans le canton de Vaud, comme aux Etats-Unis et dans des pays «laïques», on confond liberté de penser et respect de toutes les religions, «liberté» de tous les cultes. Pour être respecté, il faut d’abord être respectable et souscrire à des principes concernant les libertés individuelles et l’égalité des droits que bafouent tant les sectes que les grandes religions. Un apprentissage de la vie entre le bâton du diable et la carotte du «bon» dieu est un conditionnement par punition-récompense, pas une éducation. A fortiori s’il nie les droits des personnes humaines, ou bien ceux de la totalité des croyants, quand l’abandon du culte est puni de mort ou d’exclusion sociale. Les prétendues libertés de religion et de culte sont incompatibles avec la liberté individuelle de choisir ses croyances et la liberté collective de n’avoir pas à subir celles des autres, majoritaires ou minoritaires. La liberté de penser suppose un accès libre, non biaisé, à toutes les philosophies, religieuses ou pas. Ce dont la quasi-totalité des religions s’empresse de priver leurs paroissiens.

Le respect de l’intégrité du corps humain, sauf dérogations médicales impératives, au niveau individuel ou collectif, est un autre principe qui devrait être des plus évidents. En particulier s’il s’agit d’enfants à qui l’on ne demande pas leur avis, qui ne sont pas encore capables d’en avoir un ou de l’exprimer. Pourtant, dans les sociétés occidentales où l’on hurle, avec raison, contre les mutilations génitales féminines des autres, on évoque peu la pratique quotidienne des circoncisions ou de mutilations masculines plus invasives, qui ont parfois fait autant de victimes avant d’être médicalisées. De toute façon ces opérations, comme les piercings ou tatouages sur de jeunes enfants, font fi du droit des enfants à disposer un jour de leur corps. Les prétendues justifications médicales ou hygiéniques répandues par rumeurs relèvent de la désinformation par des lobbies religieux, même quand elles sont le fait de médecins, sinon de l’OMS.

Un autre droit est de plus en plus bafoué dans les écoles confessionnelles, mais aussi dans l’enseignement public. C’est celui de suivre un enseignement complet de l’état actuel de la science, qui contredit certaines fables des «textes sacrés». Si la plupart des versions du christianisme et du judaïsme ont, après beaucoup de résistance obscurantiste et de martyrs scientifiques, reculé devant la rotation de la terre ou la longue durée des temps géologiques, beaucoup se joignent à l’islam fondamentaliste pour nier la transformation des espèces au cours de l’histoire de la vie, alors qu’aucune hypothèse alternative n’est crédible. Et le monde enseignant, même quand ces sujets ne sont pas censurés dans les programmes (comme c’est le cas dans bien des pays), «oublie» souvent ce qui indispose les fondamentalistes. Faute de courage et de soutien, plutôt que faute de conviction. Pauvres profs de biologie dont une partie des élèves qui font le ramadan passent plus de temps sous les menaces de grands frères ou aux prêches d’imams salafistes qu’en cours de sciences naturelles!

Il n’est plus question de répondre aux totalitarismes religieux par du terrorisme scientifique, comme ce fût le cas en Union soviétique et parfois aux Etats-Unis. Mais il importe d’empêcher les fondamentalistes, de quelque culte que ce soit, de promouvoir la régression de la culture scientifique en cours dans plusieurs pays occidentaux, dont les Etats-Unis. Ce qui suppose signifier aux prêtres et religieux les limites à ne plus franchir en matière de sabotage de l’enseignement des sciences.

Car, sauf d’improbables réfutations à venir, la terre n’est pas plate, mais ronde, elle a quatre milliards d’années, pas six mille ans, et nous, humains, sommes des singes qui descendons par voie généalogique d’un dernier ancêtre, commun à toutes les plantes et tous les animaux, comme notre ADN le prouve! Ce LUCA1En anglais, LUCA pour «Last Universal Common Ancestor». fût notre ancêtre, bien avant un improbable Adam… I

* Chroniqueur énervant.

Notes   [ + ]

1. En anglais, LUCA pour «Last Universal Common Ancestor».
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lundi 8 janvier 2018

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