PIERRE-ANDRÉ SIEBER    

Vaud NESTLÉGATE - Le chef de «l'infiltrée» introduite par Securitas dans le mouvement ATTAC-Vaud, était un Fribourgeois aujourd'hui patron d'une société de sécurité.
L'affaire de la «taupe» infiltrée par l'entreprise Securitas dans les rangs d'ATTAC-Vaud a des ramifications jusqu'à Fribourg. Un des chefs de cette sorte d'espionne qui, en marge du G8 d'Evian en 2003 et jusqu'à l'été 2004, a collecté des renseignements pour le compte de Nestlé, était en fait un Fribourgeois, ancien officier de la police cantonale fribourgeoise. Aujourd'hui, il n'est plus au service de Securitas et possède sa propre société de sécurité. Sur le site internet de son entreprise établie dans le canton de Fribourg, le patron indique qu'il a été responsable pour Securitas SA à Lausanne du Centre opérationnel investigation service dont les points forts étaient l'observation, la filature, l'enquête et la surveillance... Autrement dit, ce Fribourgeois était, à l'époque des faits, le chef du service qui a infiltré «l'espionne» Sara Meylan (identité fictive donnée à cette personne pour cette mission) dans les rangs d'ATTAC-Vaud. «Je ne peux ni confirmer, ni infirmer cette information», répond l'ancien chef du service à «La Liberté». «J'ai signé une clause de confidentialité en 2005 quand j'ai quitté Securitas.»
Selon l'enquête de notre journal, il semble que cet ancien chef ait joué un rôle important dans le recrutement de l'infiltrée. En effet, une Fribourgeoise a été approchée pour jouer le rôle de Sara Meylan. Après une entrevue avec ce responsable, jugeant l'opération trop risquée (elle devait infiltrer un groupe de militants rédigeant le livre «Attac contre l'empire Nestlé»), elle n'a finalement pas accepté l'offre de Securitas. Etant donné le milieu infiltré, Securitas avait intérêt à recruter une candidate à l'extérieur du canton de Vaud, dont Fribourg, de manière à éviter à son agent tout risque d'être démasquée.


Le contexte était «chaud»

Est-ce que l'ancien cadre de Securitas continue à pratiquer l'infiltration dans sa société? «Je ne vends pas cette prestation-là, puisque mes services sont effectués par des gens en uniforme», répond-il. «Mais quand vous êtes dans la sécurité, vous avez des téléphones pour des demandes très diverses... Si le procédé utilisé par Securitas était légal? Il faut se rappeler que le contexte du G8 était chaud. Du moment qu'une entreprise est menacée, il faut voir si une mesure pareille n'est pas justifiée.» Conseiller juridique de la Direction de la sécurité et de la justice du canton de Fribourg et président ad interim du concordat qui régit les entreprises de sécurité dans les cantons romands, Benoît Rey indique que le règlement en vigueur ne régit que la protection des biens et des personnes, mais pas la recherche de renseignements. Autrement dit, une entreprise de sécurité qui reçoit le mandat d'un tiers d'infiltrer un groupement ou une association a le droit de le faire.
Reste à examiner la question sous l'angle de la protection de la personnalité, ce que le juge chargé de l'enquête concernant ATTAC-Vaud ne manquera pas de faire... I



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Le chef du service d'infiltration était un ex-cadre de la police fribourgeoise | S'identifier ou créer un nouveau compte | 0 Commentaires
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